Bâtiment

Qu’est-ce que la perspirance en isolation ?

Pour faire simple, lorsque l’on dit d’un isolant qu’il est respirant, c’est généralement qu’il est perspirant ! C’est-à-dire que l’eau transite en son sein et est évacuée. La perspirance est donc une notion extrêmement importante en rénovation patrimoniale et en réhabilitation de bâtiment ancien.

Une affaire d’eau et de vapeur

On parle ainsi souvent de perspirance pour les maisons en pierre. Ce matériau « aspire » naturellement l’humidité, il faut donc l’évacuer à un moment. L’isolant intérieur, mais aussi l’enduit extérieur, doivent donc laisser « respirer » le mur pour qu’il évacue l’eau.

Au rang des isolants gérant très bien l’humidité, on peut élever la plupart des matériaux biosourcés : laine de bois, liège, lin, chanvre, etc.

De l’humidité provenant de l’intérieur et de l’extérieur

Ce transfert de vapeur d’eau se fait dans les deux sens. La vapeur d’eau provient à la fois de l’humidité qui s’engouffre dans le mur depuis l’extérieur, via un enduit perspirant ou des fissures. A l’intérieur, ce sont les activités de cuisine, la salle de bain des serviettes qui sèchent ou la respiration des personnes (3 litres d’eau par jour produite) qui sont les principaux vecteurs de la formation de condensation.

Un siècle de désordre lié à l’humidité

Depuis l’avènement du ciment, la plupart des maisons anciennes ont vu leurs murs être « enfermés » sous des enduits extérieurs (et parfois intérieur) en ciment. Or ce dernier matériau ne laisse pas respirer le mur. Si l’isolation intérieure est confiée à un matériau peu perspirant comme la laine de verre, la vapeur d’eau reste alors prisonnière, impliquant la formation de moisissures et la dégradation de ce dernier. Aussi sa résistance thermique sera moindre au cours du temps.

Dans le même temps, le mur temps à gonfler et à se rétracter selon le taux d’humidité et fait se craqueler l’enduit extérieur ciment. Celui-ci présente alors encore plus de fissures, entrainant un cercle vicieux.

Le mélange chaux/chanvre, le roi de la perspirance

Utilisée jusqu’au milieu du XXe siècle, la chaux est un liant intéressant pour les murs anciens. Associée à de la terre ou du chanvre, elle donne une bonne élasticité à l’enduit. Celui-ci se déforme donc avec le mur et ne se craquelle pas.

Par ailleurs, le chanvre possède des propriétés intéressantes. En hiver, l’eau réagit avec sa structure et est stockée, libérant de la chaleur. En été, l’humidité est relâchée sous l’effet de la chaleur extérieure et agit comme une climatisation naturelle.

Tous les murs doivent-ils être perspirants ?

Le débat est ouvert. D’aucuns affirment qu’il s’agit du prochain enjeu dans les réglementations de construction. Alors que l’on calcule aujourd’hui l’étanchéité des murs pour en extrapoler la performance énergétique d’un bâtiment, la perspirance pourrait, elle, éviter le recours systématique à des solutions de ventilation complexes permettant de gérer l’humidité et les transferts de chaleur entre l’intérieur et l’extérieur. Cela est d’autant plus vrai si les immeubles et maisons en ossature bois sont de plus en plus fréquents en neuf. Les murs non porteurs peuvent en effet recevoir tous types de matériaux gérant au mieux la condensation.

Enfin, quand il s’agit de rénover ou concevoir un bâtiment construit en briques, parpaings ou béton, l’isolant intérieur n’a pas besoin d’être perspirant. La structure extérieure agit en effet comme une barrière contre l’eau. La condensation qui se forme entre l’isolant et le mur doit donc être gérée non pas par transfert de l’eau au travers de la paroi, mais par assèchement régulier du désordre au moyen d’une ventilation performante par exemple.

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