Energie

Biomasse (ou plutôt, énergie biomasse)

L’emploi du terme « biomasse » dans le secteur du bâtiment ou de la ville est souvent un abus de langage. Ce que l’on veut réellement désigner par ce biais, est en fait l’énergie biomasse issue de la matière organique animale ou végétale qui constitue cette dernière. De fait, les matériaux biosourcés ou les structures bois sont un autre usage des ressources de la biomasse dans la construction et la rénovation. Pour en revenir à l’aspect énergétique, bien que l’on parle souvent de l’éolien ou du photovoltaïque, l’énergie biomasse représente aujourd’hui 70% de l’énergie renouvelable mondiale selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

Les modes de valorisation de la biomasse

Ces précisions effectuées, la question est de savoir comment est valorisée cette matière organique. Qui dit valorisation dit recherche d’un emploi le plus bas carbone possible. Si brûler des matériaux issus d’une « récolte », comme le bois dans une cheminée, aura toujours un impact moins important qu’un chauffage au fuel ou au gaz naturel, il est cependant plus intéressant de valoriser des déchets. En effet, le bois non issu de déchets « relâche » le carbone qu’il a consommé durant sa croissance. S’il reste une ressource renouvelable, sont renouvellement se fait sur un temps long.

L’énergie biomasse est donc souvent issue de déchets. Cela peut être par exemple des effluents d’élevage ou du compost dans des unités de méthanisation ou des plaquettes de bois provenant des restes de scierie ou d’élagages. La plaquette de bois est ainsi très utilisée dans les communes rurales pour des chaudière alimentant des micro-réseaux de chaleurs. Ceux-ci sont destinés au chauffage de plusieurs bâtiments : ehpad, mairie, école, salle polyvalente, lotissement, etc.

Quels types d’énergies fournit la biomasse ?

Historiquement la biomasse a été valorisée grâce à sa combustion. Les cheminées ou poêle au bois des maisons anciennes utilisaient cette énergie.

Aujourd’hui, les unités de méthanisation ou d’autres processus de transformation permettent d’obtenir des biocarburants ou du gaz, alors appelé biogaz, gaz vert ou bioGNV selon son utilisation.

Quant aux usages, la biomasse permet indistinctement de :

  • fournir de la chaleur
  • générer de l’électricité (le mot exact est cogénération car la centrale donne à la fois de la chaleur et de l’électricité)
  • produire des biocarburants.

L’énergie biomasse : une ressource durable pour le bâtiment et la ville

Outre le développement de la méthanisation, la biomasse est appréciée pour le chauffage notamment sous forme de réseaux de chaleurs. Ces derniers offrent la possibilité de chauffer un ensemble de bâtiment avec une chaudière unique.

Pour les territoires en mesure de valoriser une quantité importante de déchets, la biomasse est ainsi source d’indépendance énergétique. On utilise alors des chaudières à pellets ou à bois ou des systèmes pouvant accueillir différentes ressources issues de la matière organique.

Par ailleurs, la ville elle-même est en mesure de produire des effluents qui peuvent ensuite être mis en valeur. C’est le cas par exemple de la station d’épuration du Reyran. Les boues usées y sont valorisées sous forme de gaz vert.

Une énergie propre ?

Savoir s’il s’agit d’une énergie propre est complexe. Comme nous le disions, il est préférable de passer par des déchets. Cela permet d’optimiser la réduction indirecte des émissions de gaz à effet de serre. A titre d’exemple, une mauvaise combustion du bois est source d’une pollution importante de l’air. Des grandes villes ont ainsi interdit les appareils présentant des rendements faibles (les rendements des poêle modernes sont souvent au-delà de 90%).

En revanche, lorsqu’elle est bien utilisée, la biomasse permet de réduire de manière importante la pollution par rapport à la combustion d’énergie fossile. Pour le bioGNV utilisé dans les véhicules, les réductions d’émission de gaz à effet de serre sont importantes. Quoi qu’il en soit l’utilisation de cette ressource doit être encadrée. Elle reste néanmoins un des principaux axes de travail pour décarboner l’énergie à l’échelle planétaire comme le signale l’Agence Internationale de l’Energie (AIE). Selon cette dernière sa part actuelle aux environ des 5% de l’énergie mondiale devra passer à 17% à l’horizon 2060. Il s’agit d’une des conditions afin de rester dans un scénario de réchauffement climatique de moins de 2°C.

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